
Vous coiffez toute la journée, et le soir on vous demande si vous avez un site. Avant d’en faire un, mieux vaut savoir ce qu’on y cherche. C’est court, c’est toujours les mêmes trois choses, et ce n’est presque jamais ce qu’on essaie de vous vendre. Cet article est pour les salons de coiffure et les barbiers qui n’ont jamais eu de site.
Question 1 sur 7
Qu’est-ce qu’on regarde avant de prendre rendez-vous chez vous ?
Trois choses, dans cet ordre : est-ce que je peux avoir une place, combien ça coûte, et est-ce que le résultat me plaît.
Le parcours ne varie presque jamais. Quelqu’un vous recommande, ou la personne passe devant votre vitrine. Elle tape le nom de votre salon sur son téléphone, souvent le soir, quand vous êtes fermé. Elle cherche vos horaires, votre prix, des photos de têtes que vous avez faites. Puis elle prend rendez-vous, ou elle passe au salon suivant.
Un salon perd rarement une cliente parce que son site est moche. Il la perd parce qu’elle n’a pas trouvé le prix d’une couleur et qu’elle n’a pas osé appeler.
Avant même le site, remplissez votre fiche Google, avec les bons horaires et le jour de fermeture. C’est gratuit, et c’est ce qu’on voit en premier : la fiche Google, remplie correctement.
Question 2 sur 7
Faut-il afficher ses tarifs sur le site ?
Oui. C’est le point qui change le plus de choses dans votre métier, et celui sur lequel on hésite le plus.
Vos prix sont déjà affichés dans le salon et en vitrine, l’affichage y est obligatoire. Les mettre sur le site ne vous engage pas davantage, et ça vous évite deux ennuis : les appels de gens qui raccrochent en entendant le prix d’une couleur, et la cliente qui découvre le montant au moment de payer.
Ce qui marche pour un salon :
- Un prix par prestation courante : coupe femme, coupe homme, barbe, brushing, couleur, mèches.
- Un « à partir de » pour ce qui dépend de la longueur. Une couleur sur cheveux longs n’est pas la même prestation, dites-le au lieu de gonfler le prix affiché.
- Le forfait étudiant, enfant ou senior s’il existe. C’est souvent cherché et presque jamais écrit.
Ce qui ne marche pas : la grille interminable avec toutes les variantes de longueur et de technique. Personne ne la lit, et vous ne la tiendrez pas à jour. Une page de tarifs bouge rarement, mais quand elle bouge, elle doit être modifiable par vous, sans appeler personne.
Question 3 sur 7
Où se prend le rendez-vous, sur le site ou ailleurs ?
Là où vous le prenez déjà. Le site ne remplace pas votre agenda ni votre logiciel de salon, il y mène en un geste.
Si vous fonctionnez au téléphone, le numéro reste en haut de chaque page, cliquable. Si vous utilisez déjà un outil de prise de rendez-vous en ligne, le bouton mène dessus, sur toutes les pages, pas seulement sur le contact.
Deux détails qui comptent dans votre métier :
- Dites si vous prenez sans rendez-vous. Pour un barbier, c’est souvent la première question. Une phrase suffit : « sans rendez-vous du mardi au vendredi, sur rendez-vous le samedi ».
- Dites votre jour de fermeture en toutes lettres. Beaucoup de salons ferment le lundi, personne ne le devine. Une personne qui se déplace pour rien ne revient pas.
En revanche, le formulaire de demande de devis ne sert à rien chez vous : personne ne demande un devis pour une coupe. À sa place, le bouton de rendez-vous et votre numéro.
Question 4 sur 7
Quelles photos mettre quand on coiffe ?
Vos coupes, sur de vraies têtes. Pas le salon vide, pas les fauteuils alignés, pas l’image de chevelure parfaite achetée sur une banque d’images. Celle-là se repère en une seconde et elle dit l’inverse de ce que vous voulez. Vos photos prises au téléphone, près de la vitrine, valent mieux.
Ce qu’il faut montrer, et c’est propre à votre métier :
- Les types de cheveux que vous savez vraiment travailler. Bouclés, crépus, cheveux blancs, cheveux fins, barbe. Une personne aux cheveux crépus cherche la preuve que vous en coiffez, et elle la cherche en photo, jamais dans un texte.
- Des avant et après de couleur, cadrés depuis le même endroit. C’est la preuve la plus forte que vous ayez.
- Une photo de vous au bac ou au fauteuil, en train de travailler. La plus rentable de toutes, et celle qu’on saute par gêne.
Deux règles avant de publier : les néons du salon jaunissent les couleurs et faussent une coloration, photographiez près de la vitrine, à la lumière du jour. Et une cliente reconnaissable doit vous avoir donné son accord, écrit de préférence. Le détail est dans les photos de votre commerce, ce qui marche et ce qui fait fuir.
Quelques photos suffisent au départ, à condition d’en ajouter au fil des semaines. Une galerie où les coupes ont l’air d’avoir une saison de retard donne le signal d’un salon qui a fermé.
Question 5 sur 7
Faut-il présenter l’équipe, ou juste le salon ?
L’équipe. Dans votre métier, on ne réserve pas un salon, on réserve quelqu’un, et souvent la même personne pendant des années.
Les prénoms, une photo de chacun, et ce que chacun fait le mieux : la couleur, le dégradé, le cheveu bouclé, la barbe, le chignon de mariée. Ajoutez qui prend de nouveaux clients et qui a son agenda plein, ça évite des déceptions.
Le point à anticiper : dans la coiffure, les équipes bougent, et un départ emmène parfois une partie de la clientèle. Une page qui affiche encore quelqu’un parti depuis longtemps fait mauvais effet, et vous ne devez pas payer une intervention pour retirer une photo. C’est ce que les vidéos vous montrent : changer un prénom, une photo ou un prix, vous-même.
Question 6 sur 7
Peut-on vendre ses produits sur le site ?
Oui, tant que la gamme reste petite. Une boutique se fait sur Shopify, avec 15 produits au maximum et 2 axes de déclinaison, par exemple un parfum et une contenance. Quelques shampooings, un soin, une cire : ça tient.
Mais posez-vous la vraie question. Vos clientes commanderaient-elles leur shampooing en ligne, avec des frais de port, alors qu’elles repassent au salon pour leurs racines ? Souvent non, et une page qui dit quelles marques vous vendez au bac et en rayon suffit. Si votre gamme est plus large, dites-moi ce dont vous avez besoin, on regardera ensemble ce qui est possible.
La différence entre une vitrine et une vraie boutique : site vitrine ou boutique en ligne.
Question 7 sur 7
Combien de pages, et combien ça coûte ?
Peu de pages suffisent pour un salon. Au-delà, on vous vend des pages que personne n’ouvre.
| Page | Ce qu’elle contient | Pourquoi elle sert |
|---|---|---|
| Accueil | votre salon, le bouton de rendez-vous, le téléphone, quelques photos de coupes | la plupart des visiteurs ne verront que celle-là |
| Tarifs | coupe, couleur, barbe, brushing, avec des « à partir de » | c’est la question qu’on vous pose au téléphone |
| Galerie | des coupes et des couleurs, sur des types de cheveux différents | c’est elle qui décide du rendez-vous |
| L’équipe | prénoms, photos, spécialité de chacun | on réserve une personne, pas un fauteuil |
| Contact | adresse, plan, horaires, jour de fermeture, téléphone | la fin du parcours |
Ce dont vous n’avez pas besoin : un blog que vous ne tiendrez pas entre deux clientes, une page « notre histoire », une page « nos valeurs ».
Les formules comprennent 4 à 6 pages selon le modèle choisi, et une page en plus coûte 90 €.
- 490 €, bientôt disponible, si vous montez le site vous-même, guidé par des vidéos. Pour un salon qui a déjà ses photos de coupes dans son téléphone, c’est souvent le bon choix.
- 1 190 € si je le monte pour vous : 357 € à la commande, 833 € à la mise en ligne, et le site est en ligne sous 15 jours ouvrés à partir de la date de démarrage confirmée par écrit.
- À partir de 3 000 € pour un site entièrement dessiné pour vous.
Les vidéos sont comprises dans la première formule. Sur les deux autres, elles sont une option : 149 € depuis la formule à 1 190 €, 89 € depuis Signature. Ces deux formules comprennent 6 mois de questions par e-mail : je réponds, je n’interviens pas sur le site à votre place.
Questions fréquentes
J'ai déjà Instagram et une fiche Google, ai-je besoin d'un site ?
La fiche Google est le passage obligé, commencez par elle. Instagram montre vos coupes, mais ni vos tarifs, ni votre jour de fermeture, ni qui compose l'équipe. Le site est l'endroit où ces informations restent en place.
Faut-il mettre tous les tarifs, au risque de faire fuir ?
Mettez les prestations courantes et des « à partir de » pour ce qui dépend de la longueur. Une personne qui part en voyant le prix d'un balayage ne serait pas venue de toute façon. Ce qui fait fuir, ce n'est pas un prix affiché, c'est un prix qu'on ne trouve nulle part.
Faut-il un blog pour un salon de coiffure ?
Non, sauf si vous avez envie d'écrire. Un blog abandonné après quelques articles dessert votre image. Mettez cette énergie dans vos photos de coupes et dans vos avis Google.