Les photos de votre commerce : ce qui marche, ce qui fait fuir
La photo est le seul élément d'un site que personne ne peut faire à votre place. Ce qu'un client veut voir, et comment la prendre avec un téléphone.

La photo est le seul élément de votre site que personne ne peut faire à votre place. C’est aussi ce qui décide en trois secondes si on vous appelle ou si on passe au suivant. Bonne nouvelle : votre téléphone suffit, et vos photos imparfaites valent mieux que les plus belles images achetées.
Quelles photos un client veut-il vraiment voir ?
Il en cherche trois, et dans cet ordre : est-ce que ça a l’air bien tenu, est-ce que c’est vraiment vous, est-ce que je vais trouver l’endroit.
Les quatre photos qui répondent à ces questions :
- Votre devanture depuis le trottoir, comme on la voit en arrivant. C’est la plus utile et c’est celle qui manque le plus souvent. Elle aide physiquement vos clients à vous trouver.
- L’intérieur en lumière du jour, sans personne ou avec un peu de vie. Le client veut savoir où il met les pieds.
- Votre travail en gros plan : le plat, la coupe, la finition, le produit. C’est la preuve.
- Vous, ou votre équipe. C’est la photo la plus rentable de toutes, et celle qu’on saute presque toujours par gêne. Un visage humain change la confiance plus que n’importe quel argument.
Ce qui n’apporte rien : les photos de détail décoratives, les vues du ciel, les images de concept. Elles remplissent une galerie, elles ne font appeler personne.
Pour certains métiers, ces photos ne sont pas un complément du texte, elles sont le produit : une chambre d’hôtes ou un gîte se réservent sur leurs photos, souvent avant qu’une ligne soit lue. Ce que ça change sur le site, et les solutions qui existent pour ces métiers-là : site internet pour chambre d’hôtes ou gîte.
Faut-il un photographe professionnel ?
Pas au démarrage, et souvent pas du tout. Un photographe se justifie dans deux cas seulement : si vous vendez un produit dont l’image est l’argument principal, ou si vous refaites votre image de marque entièrement.
Dans tous les autres cas, dix photos correctes prises au téléphone font le travail, et elles ont un avantage que la séance photo n’a pas : elles ressemblent à la réalité. Un client qui arrive et retrouve exactement ce qu’il a vu n’est pas déçu.
Si vous faites appel à un photographe, demandez-lui des photos utilisables : des formats variés pour le site, la fiche Google et les réseaux, et surtout le droit écrit de les utiliser où vous voulez, sans limite de durée.
Comment prendre une photo correcte avec son téléphone ?
Six gestes, aucun ne demande de matériel. Ils font 90 % de l’écart entre une photo qui passe et une photo qui fait fuir.
- Nettoyez l’objectif. Il est dans votre poche toute la journée. C’est la cause numéro un des photos ternes.
- Cherchez la lumière du jour. Placez-vous près d’une fenêtre, ou dehors en fin de matinée. La lumière du plafond jaunit tout et creuse les ombres.
- N’utilisez pas le flash. Jamais, en intérieur. Il écrase les volumes et donne une teinte grise.
- Tenez le téléphone droit, et alignez une ligne verticale de la pièce avec le bord de l’écran. Une photo penchée fait amateur immédiatement.
- Approchez-vous au lieu de zoomer. Le zoom dégrade l’image, vos pieds non.
- Prenez-en dix, gardez-en une. C’est ce que font les professionnels, et ça ne coûte rien.
Un dernier conseil qui vaut pour toutes : rangez le cadre avant de déclencher. Le carton dans le fond, le chiffon sur le comptoir, le câble qui traîne. Trente secondes de rangement valent mieux que n’importe quelle retouche.
Pourquoi les photos de banque d’images font fuir
Parce qu’elles se repèrent en une seconde, et que ce qu’elles disent n’est pas « joli site », c’est « il ne me montre pas son vrai travail ».
Le lecteur ne se dit pas consciemment « c’est une image achetée ». Il ressent un décalage : la salle est trop parfaite, l’artisan sourit à l’objectif, tout le monde a l’air d’un mannequin. Et il en tire la seule conclusion possible : si on ne me montre pas l’endroit, c’est qu’il n’y a rien à montrer.
Il y a aussi un vrai risque juridique, et il est régulièrement sous-estimé :
- Une photo trouvée sur internet n’est pas libre d’utilisation, même « trouvée sur Google ». L’utiliser est une contrefaçon, et il existe des sociétés dont le métier est de retrouver ces images et de facturer leur usage. Les montants réclamés dépassent largement le prix d’un site.
- Les photos de clients identifiables demandent leur autorisation écrite. Un client reconnaissable dans votre salle, un enfant sur un chantier : il faut un accord, et il vaut mieux qu’il soit écrit.
- Vos salariés aussi doivent donner leur accord, et pouvoir le retirer.
La règle simple qui évite tout ça : vos photos, prises par vous, dans votre établissement.
Combien de photos faut-il, et où les mettre ?
Dix à quinze au total, réparties aux bons endroits. Au-delà, vous noyez les trois qui comptent.
| Où | Combien | Lesquelles |
|---|---|---|
| Page d’accueil | 3 à 5 | les plus fortes : devanture, travail, vous |
| Page réalisations ou galerie | 6 à 10 | des chantiers ou des produits différents les uns des autres |
| Fiche Google | 10, puis 1 ou 2 par mois | devanture, intérieur, produits, équipe |
La régularité compte plus que le nombre. Une fiche à laquelle on ajoute une photo par mois donne le signal d’un commerce vivant. Une galerie de soixante photos déposées une fois puis jamais touchée donne le signal inverse.
Et pensez au poids des fichiers : une photo sortie d’un téléphone récent pèse plusieurs mégaoctets et ralentit votre site. Elles doivent être réduites avant d’être mises en ligne, c’est le travail de celui qui construit le site.
Les questions qui suivent
Peut-on utiliser des photos trouvées sur internet ?
Faut-il montrer les gens qui travaillent ?
Quelle taille doivent faire les photos d'un site ?
Un avis sur votre cas précis ?
Dites-moi votre métier et ce que vous avez déjà. Je vous dis ce qui vaut le coup, même si la réponse est « pas maintenant ».
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