
Vous êtes dans un métier à part : votre travail se juge en quelques secondes, sans une ligne de texte. C’est une chance, et c’est aussi le piège. Un site de photographe rate rarement à cause de ses mots. Il rate parce qu’il montre trop, parce qu’il montre mal, ou parce que ses images mettent une éternité à s’afficher.
Question 1 sur 7
Que regarde vraiment un client sur le site d’un photographe ?
Trois choses, dans cet ordre, et le texte n’en fait pas partie.
- Est-ce que j’aime ce que je vois ? C’est immédiat et ça ne se discute pas. Votre style plaît ou ne plaît pas.
- Est-ce qu’il photographie ce que je veux ? Un mariage, un portrait d’entreprise, un produit, un bien immobilier, un concert. Ce ne sont pas les mêmes attentes et ce ne sont pas les mêmes clients.
- Est-ce que je peux me le permettre, et est-il libre à ma date ?
Un visiteur qui n’a pas la réponse à ces trois questions ferme l’onglet. Il ne vous écrit pas pour demander. Il retourne sur la liste des résultats.
Ce qui veut dire que tout ce qui retarde ces trois réponses vous coûte un client. Une page d’accueil qui commence par votre parcours, un menu où il faut chercher, un diaporama qui défile tout seul : à chaque fois, la personne attend une information qu’elle est venue chercher.
Question 2 sur 7
Faut-il montrer tout son travail, ou choisir ?
Choisir, et ça fait mal. C’est la décision la plus difficile du métier, et c’est celle qui change le plus de choses.
Un client ne juge pas votre meilleure photo. Il juge la moyenne de ce qu’il voit. Une série de très belles images avec trois photos moyennes au milieu se lit comme une série moyenne. Votre portfolio vaut ce que vaut sa photo la plus faible.
Ce qui marche, et qui n’est pas ce qu’on fait spontanément :
- Des séries entières plutôt qu’une sélection des meilleurs moments. Un couple veut voir un mariage complet, du matin au soir. C’est la seule façon pour lui de se projeter dans sa propre journée, et de comprendre ce qu’il recevra.
- Une cohérence de style visible. Si vos images passent du très coloré au très désaturé selon les séries, le client ne sait pas ce qu’il va obtenir. Mieux vaut un style assumé qui écarte une partie des gens qu’un ensemble flou qui ne parle à personne.
- Un portfolio par type de prestation, quand vous en faites plusieurs. Une entreprise qui cherche des portraits d’équipe n’a pas envie de traverser vos mariages pour trouver ce qui la concerne.
Et une règle qui vaut pour tout le monde : retirez les photos que vous gardez par affection. Elles sont là parce que vous vous souvenez de la journée. Le visiteur, lui, ne voit que l’image.
Question 3 sur 7
Instagram ne suffit-il pas pour un photographe ?
Non, et pour des raisons très concrètes, pas par principe.
Un compte Instagram coupe vos images au format du carré ou du vertical, dans un ordre que vous ne choisissez pas vraiment. Il ne montre jamais une série complète dans l’ordre. Il n’affiche pas vos tarifs, vos conditions, votre zone de déplacement. Et surtout il ne vous appartient pas : le jour où le compte se bloque, votre portfolio disparaît avec lui.
Votre site sert exactement à ce qu’Instagram ne sait pas faire : montrer une histoire entière, dire vos conditions, et rester atteignable par quelqu’un qui tape votre nom dans un moteur de recherche. Le sujet est traité plus largement dans site internet ou page Facebook.
Le bon usage des réseaux pour un photographe, c’est d’amener les gens quelque part. Le site est ce quelque part.
Question 4 sur 7
Faut-il afficher ses prix quand on est photographe ?
Un ordre de grandeur, oui. Un tarif au détail, rarement.
C’est le point le plus sensible du métier et celui où l’on se trompe le plus souvent. Sans aucune indication, deux choses arrivent en même temps : les gens dont c’est très au-dessus du budget vous écrivent quand même, et ceux qui pouvaient se le permettre n’osent pas demander parce qu’ils supposent que c’est hors de portée.
Une mention « à partir de » sur chaque type de prestation règle les deux d’un coup. Vous recevez moins de demandes, et elles arrivent de gens qui savent déjà où ils mettent les pieds.
Ce qui compte autant que le chiffre : dire ce qui est compris. Le temps de présence, le nombre d’images livrées, le délai de livraison, les déplacements. La plupart des mauvaises surprises d’un client de photographe ne viennent pas du prix, elles viennent de ce qu’il croyait inclus.
Question 5 sur 7
Pourquoi le site d’un photographe est-il si souvent lent ?
Parce qu’il est fait d’images, et que ce sont les fichiers les plus lourds d’un site.
C’est le problème technique numéro un de ce métier, et c’est celui qui coûte le plus cher sans qu’on le voie. Le photographe voit son site depuis son ordinateur, sur une connexion correcte, avec les images déjà en mémoire. Il le trouve rapide. Son client, lui, ouvre une galerie entière sur son téléphone, dans le train.
Ce qui se passe alors : la page reste blanche, l’écran se remplit lentement par le haut, et la personne part avant d’avoir vu une seule photo. Vous ne le saurez jamais, puisqu’elle ne vous a pas écrit.
Il n’y a rien à faire de votre côté : gardez vos images en pleine qualité. C’est au montage du site que ça se règle, en préparant chaque photo à la taille où elle s’affiche vraiment, et en ne chargeant que ce qui est à l’écran. Ce qu’il faut vérifier, c’est le résultat, sur un téléphone, hors de chez vous.
Deux autres habitudes à abandonner :
- Le filigrane en travers de l’image. Il abîme exactement ce que vous vendez. Une image affichée à une taille raisonnable sur un site n’a aucune valeur commerciale pour qui la copierait.
- Le clic droit bloqué. Ça n’empêche personne de faire une capture d’écran, et ça donne l’impression de se méfier de son visiteur.
Question 6 sur 7
Combien de pages faut-il, et lesquelles ?
Peu. Un site de photographe est un site où l’on regarde, pas un site où l’on lit.
| Page | Ce qu’elle contient | Pourquoi elle sert |
|---|---|---|
| Accueil | vos images, tout de suite, et ce que vous photographiez | elle décide en quelques secondes |
| Portfolio | une page par type de prestation, des séries entières | c’est là que se fait le choix |
| Prestations et tarifs | ce qui est compris, un « à partir de », votre zone | elle filtre les demandes |
| À propos | vous, votre visage, votre façon de travailler | on confie sa journée à quelqu’un, pas à un logo |
| Contact | un formulaire court : date, lieu, type de prestation | la fin du parcours |
Ce dont vous n’avez pas besoin : une page sur votre matériel, un blog où chaque séance devient un article, une page d’accueil en plein écran où il faut cliquer pour entrer, une musique qui se lance toute seule.
Si vous vendez aussi des tirages, c’est une autre affaire : une boutique et un portfolio ne se construisent pas de la même façon. La boutique se fait sur Shopify, jusqu’à 15 produits et 2 axes de déclinaison, par exemple le format et le type de papier. La différence est expliquée dans site vitrine ou boutique en ligne.
Un dernier point qui compte pour être trouvé : les gens ne cherchent pas « photographe ». Ils cherchent un type de photo et une ville. Vos pages doivent employer ces mots-là, ceux de vos clients. C’est le sujet de les mots que vos clients tapent vraiment.
Question 7 sur 7
Ce que je facture, et pourquoi
- 490 €, bientôt disponible, si vous montez le site vous-même, guidé par des vidéos qui montrent chaque geste. Pour un photographe, qui a déjà toutes ses images et l’œil pour les placer, c’est souvent le bon choix.
- 1 190 € si je le monte pour vous : acompte de 357 € à la commande, solde de 833 € à la mise en ligne. Le site est en ligne sous 15 jours ouvrés à partir de la date de démarrage confirmée par écrit.
- À partir de 3 000 € pour un site entièrement dessiné pour vous, montants au devis.
Les modèles comprennent de 4 à 6 pages selon celui que vous choisissez, et une page supplémentaire coûte 90 €. Sur les deux dernières formules, vous avez six mois de questions par e-mail : ce sont des réponses à vos questions, pas des interventions sur le site. Les vidéos y sont en option, à 149 €, ou 89 € depuis Signature.
Le point à regarder avant tout le reste, dans votre métier : pouvoir remplacer vous-même les images d’une page. Un portfolio qui n’a pas bougé depuis des années dit quelque chose de vous que vous n’avez pas envie de dire.
Questions fréquentes
Faut-il un espace de livraison pour les clients sur son site ?
C'est un besoin à part, et il ne se mélange pas avec le portfolio. Votre site public a un travail précis : donner envie et faire écrire. Une galerie privée, avec mots de passe, sélections et téléchargements, c'est un autre chantier, et l'ajouter au site public l'alourdit sans rien apporter au visiteur qui vous découvre. Dites-moi ce dont vous avez besoin, on regardera ensemble ce qui est possible.
Combien de photos faut-il mettre dans un portfolio ?
Moins que ce que vous avez envie de montrer. Quelques séries complètes valent mieux qu'une grande galerie sans fin : le visiteur regarde rarement au-delà des premières images, et chaque photo faible tire l'ensemble vers le bas. Le bon réflexe est de retirer, pas d'ajouter.
Puis-je publier toutes mes photos de clients sur mon site ?
Pas sans leur accord. Une personne reconnaissable doit autoriser la diffusion de son image, et c'est encore plus vrai pour un mariage, un enfant ou un portrait d'entreprise. L'usage est de le prévoir dans votre contrat, avec une case claire, et de le respecter quand la réponse est non.
Et si j'ai besoin d'autre chose que ce qui est prévu ?
Dites-moi ce dont vous avez besoin, on regardera ensemble ce qui est possible.