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Faut-il un site quand on a déjà une page Facebook ?

Ce qu'une page fait mieux qu'un site, ce qu'elle ne fera jamais, et la question qui tranche : que voit un client qui tape le nom de votre boîte ?

VicouMis à jour le 30 août 20266 min de lecture
La devanture d'un commerce de quartier, vue depuis la rue

Oui, mais pas pour la raison qu’on vous donne d’habitude. Votre page fait très bien une chose que le site ne fera jamais : parler à ceux qui vous suivent déjà. Elle en rate une autre, complètement : convaincre celui qui entend votre nom pour la première fois et qui va vérifier. Voilà comment les deux se répartissent le travail.

Une page Facebook peut-elle remplacer un site ?

Pour être trouvé, non. Pour être suivi, oui, et mieux qu’un site.

Une page et un site ne s’adressent pas aux mêmes gens :

Votre page Votre site
Parle à ceux qui vous suivent déjà ceux qui vous découvrent
Sert à donner des nouvelles, montrer la vie de la boîte dire ce que vous faites, rassurer, faire appeler
Se trouve par le fil d’actualité, rarement par recherche quand on tape votre nom ou votre métier
Vous appartient non oui, si le domaine est à votre nom

Le vrai problème n’est pas que la page soit mauvaise. C’est qu’elle est faite pour un flux : ce que vous y publiez descend et disparaît. Vos horaires, vos tarifs et vos prestations, eux, doivent rester accessibles en permanence, en haut, sans faire défiler trois mois de publications.

Que voit un client qui cherche le nom de votre boîte sur Google ?

C’est la question qui tranche, et vous pouvez y répondre en dix secondes. Tapez le nom de votre entreprise sur Google, depuis votre téléphone, en navigation privée pour ne pas fausser le résultat.

Trois cas possibles :

  • Rien, ou des annuaires que vous ne connaissez pas. C’est le cas le plus fréquent et le plus coûteux. La personne qui a entendu parler de vous ne trouve pas de quoi se décider, et elle appelle le suivant.
  • Votre page Facebook seule. Mieux que rien. Elle verra votre dernière publication, qui date peut-être de quatre mois, et devra fouiller pour trouver vos horaires.
  • Votre fiche Google et votre site. Là elle a tout en trois secondes : ce que vous faites, où, quand, et de quoi juger.

Ce test de dix secondes vaut tous les arguments. Ce que vous voyez, c’est exactement ce que voient vos clients.

Qu’est-ce qui vous appartient vraiment dans une page ?

Vos publications et vos photos, oui. Votre audience, non, et c’est le point qu’on oublie.

Vos abonnés ne sont pas une liste de clients : ce sont des comptes chez quelqu’un d’autre. Vous ne pouvez pas les exporter, pas les contacter directement, pas les emmener ailleurs. Vous n’avez ni leur e-mail ni leur téléphone.

Et la portée de vos publications ne vous appartient pas non plus : elle dépend de règles d’affichage que vous ne contrôlez pas et qui changent régulièrement. Une page qui touchait mille personnes il y a trois ans en touche parfois cent aujourd’hui, sans que rien n’ait changé de votre côté.

Un site, lui, ne change pas de règles. Il affiche ce que vous y mettez, à tout le monde, tout le temps.

Que se passe-t-il le jour où votre page est suspendue ?

C’est rare, mais quand ça arrive c’est brutal : la page disparaît, sans préavis, et le recours passe par des formulaires impersonnels qui prennent des semaines.

Les causes sont banales : un signalement automatique, un compte administrateur piraté, une photo mal interprétée, un changement de règles. Vous n’avez pas forcément fait de faute.

Si votre page est votre seule présence en ligne, ce jour-là vous n’existez plus nulle part. Si vous avez un site à votre nom, vous perdez un canal, pas votre entreprise.

Ce n’est pas un argument contre la page. C’est un argument pour ne pas mettre toute sa présence chez un seul propriétaire, quel qu’il soit.

Le bon partage des rôles entre les deux

Ils ne se remplacent pas, ils se complètent. Voici la répartition qui fonctionne, et elle demande peu de travail.

Votre site porte ce qui ne change pas : ce que vous faites, vos tarifs ou vos fourchettes, vos horaires, votre adresse, vos réalisations, votre téléphone. C’est la référence.

Votre page porte ce qui bouge : la nouveauté de la semaine, la photo du chantier d’hier, la fermeture exceptionnelle, la vie de la boîte. C’est le mouvement.

Et les deux se renvoient l’un vers l’autre : le lien de votre site dans les informations de votre page, et vos derniers posts ou votre lien de page sur le site.

Un troisième élément compte au moins autant que les deux autres, et il est gratuit : votre fiche Google. Pour un commerce local, c’est souvent elle qui amène le plus de monde les premiers mois. Elle apparaît sur le plan, elle affiche vos horaires, et elle porte vos avis. La marche à suivre est ici : la fiche Google, remplie correctement.

Si vous partez de zéro et que vous devez choisir un ordre : la fiche Google d’abord, parce qu’elle est gratuite. Le site ensuite. La page en troisième, si vous avez du temps à y consacrer, parce qu’une page abandonnée depuis huit mois fait plus de mal que pas de page.

Et si ce que vous vendez part déjà en messages privés, ce n’est pas une vitrine qu’il vous faut, c’est une boutique. Le choix se joue alors entre deux outils, et il dépend moins de vos produits que de qui tiendra la boutique une fois qu’elle sera en ligne : Shopify ou WooCommerce.

Voir les trois formules en détail

Les questions qui suivent

Une fiche Google suffit-elle à la place d'un site ?
Au démarrage, elle fait beaucoup, et elle est gratuite : commencez par là. Sa limite est vite atteinte : quelques photos, vos horaires, un lien. Elle ne montre ni vos réalisations en détail, ni vos tarifs, ni ce qui vous différencie. Sur une décision qui engage plusieurs centaines d'euros, le client veut voir davantage.
Faut-il continuer à publier sur Facebook quand on a un site ?
Seulement si vous y prenez du plaisir ou si vos clients y sont vraiment. Publier une fois par mois par obligation n'apporte rien. Mieux vaut une page à jour sur les informations essentielles, même sans publication récente, qu'un rythme qu'on ne tient pas.
Peut-on transférer ses contenus d'une page vers un site ?
Vos photos et vos textes, oui, il suffit de les récupérer. Vos abonnés, non : ils restent sur la plateforme. C'est pour ça qu'il vaut mieux commencer à récolter des e-mails ou des numéros dès le début, sur le site.

Un avis sur votre cas précis ?

Dites-moi votre métier et ce que vous avez déjà. Je vous dis ce qui vaut le coup, même si la réponse est « pas maintenant ».

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