Créer son premier site internet quand on n'y connaît rien
L'ordre dans lequel s'y prendre, ce qu'il faut préparer avant même de chercher un prestataire, et les quatre décisions qui coûtent cher si on les prend tard.

Créer son premier site n’a rien d’une affaire de technique. Vous avez besoin de prendre quatre décisions dans le bon ordre, et de rassembler huit choses que vous avez déjà. Le reste est le travail de quelqu’un d’autre. Voilà la marche à suivre, du premier jour à la mise en ligne.
Par où commencer quand on n’a jamais eu de site ?
Par vos contenus. Pas par le choix d’un outil, pas par le choix d’un prestataire : on ne commence pas à créer un site par la fin. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse : on choisit une solution, on paie, puis on bloque pendant six semaines sur les textes.
L’ordre qui fonctionne :
- Rassemblez vos contenus. Textes, photos, horaires. C’est le seul travail que personne ne peut faire à votre place.
- Réservez votre nom de domaine, à votre nom. Une quinzaine d’euros, et ça évite de découvrir plus tard qu’il est pris.
- Décidez qui fait le site. Vous, ou quelqu’un d’autre.
- Faites-le construire.
- Apprenez à le modifier vous-même, avant la fin de la prestation, pas six mois après.
Les points 1 et 5 sont ceux qu’on saute. Ce sont exactement les deux qui décident si votre site sera encore à jour dans un an.
De quoi avez-vous besoin avant même de contacter quelqu’un ?
De huit choses, et vous en avez déjà sept. Rassemblez-les dans un dossier avant le premier rendez-vous : vous ferez baisser le devis et vous gagnerez des semaines.
- Votre logo, dans la meilleure qualité que vous ayez. Si vous n’en avez pas, ce n’est pas bloquant.
- Dix à quinze photos de votre travail, de vos produits, de votre local. Les vôtres, prises au téléphone, valent mieux que des photos achetées.
- La liste de ce que vous faites, en mots simples, ceux que vos clients emploient.
- Vos horaires et votre zone d’intervention.
- Vos coordonnées telles que vous voulez qu’elles apparaissent : téléphone, e-mail, adresse ou non.
- Trois phrases sur vous : depuis quand vous exercez, ce qui vous différencie, pourquoi on vous appelle.
- Deux ou trois sites que vous trouvez bien. Pas forcément dans votre métier. C’est ce qui fait gagner le plus de temps sur le design.
- Ce que le site doit produire : des appels, des réservations, des devis, ou simplement exister quand on tape votre nom.
Le point 8 est le seul auquel personne ne réfléchit, et c’est celui qui détermine tout le reste. Un site fait pour faire sonner le téléphone ne ressemble pas à un site fait pour rassurer.

Faut-il le faire soi-même ou le faire faire ?
Cela dépend d’une seule chose : ce que valent vos soirées.
Faire son site soi-même sur un constructeur en ligne prend une vingtaine d’heures pour un premier site correct, réparties sur un ou deux mois parce que ce sont des heures prises le soir. Ce n’est pas difficile, c’est long, et ça s’arrête presque toujours au même endroit : les textes.
Faites-le vous-même si vous testez une activité dont vous ne savez pas si elle durera, si le bricolage ne vous dérange pas, ou s’il vous faut quelque chose en ligne cette semaine.
Faites-le faire si votre activité est installée, si vous avez déjà commencé un site qui n’est jamais fini, ou si vos heures valent mieux que ça.
Le calcul complet des deux options sur trois ans, avec les chiffres, est ici : Wix ou faire faire son site, le coût réel sur trois ans.
Et une troisième voie existe, qui est celle que je propose : on installe le site pour vous, et on vous montre en vidéo comment le modifier ensuite. Vous ne passez pas vos soirées à chercher où cliquer, et vous ne dépendez de personne après.
Combien de temps ça prend, du premier contact à la mise en ligne ?
Une douzaine de jours en moyenne pour un site vitrine, et ce qui prend du temps n’est presque jamais le prestataire.
Le décompte réel :
| Étape | Qui | Combien de temps |
|---|---|---|
| Choisir le modèle ou la direction | vous | 1 à 2 jours |
| Rassembler textes et photos | vous | de 2 jours à 2 mois |
| Monter le site | le prestataire | 3 à 5 jours |
| Vos retours et les retouches | les deux | 2 à 3 jours |
| Mise en ligne | le prestataire | quelques heures |
La ligne en gras est la seule qui explose, et elle dépend entièrement de vous. C’est pour ça que le point de départ de cet article est vos contenus. Le détail est ici : combien de temps prend la création d’un site.
Combien ça coûte ?
Entre 900 et 5 000 euros pour un site vitrine de petite entreprise, d’après la grille publiée par France Num, le service de l’État pour la numérisation des entreprises, mise à jour le 20 juin 2025, plus 41 à 152 € HT par an pour qu’il reste en ligne.
Ce qui fait varier le montant n’est pas le nombre de pages, c’est qui fait le travail : qui écrit les textes, qui fournit les photos, et si le site part d’un modèle ou d’une page blanche. Le détail complet, avec les trois fourchettes du marché et la méthode pour comparer deux devis, est dans ce que coûte un site internet, ligne par ligne.
Un point à ne pas rater dans le devis : le prix des modifications. C’est la ligne qui n’apparaît jamais et qui coûte le plus sur trois ans.
Que faire une fois le site en ligne ?
Trois choses, et deux d’entre elles sont gratuites.
- Créez votre fiche Google. C’est gratuit, ça prend une heure, et pour un commerce local ça rapporte souvent plus que le site lui-même les premiers mois. La marche à suivre est ici : apparaître sur Google quand on est un commerce de quartier.
- Mettez l’adresse partout : signature d’e-mail, cartes de visite, réseaux sociaux, devis, véhicule. Un site que personne ne connaît ne sert à rien.
- Changez quelque chose vous-même, tout de suite. Un horaire, une photo. Faites-le pendant que la prestation n’est pas terminée : c’est le seul moment où vous pouvez encore poser des questions. Si vous ne savez pas le faire le jour de la livraison, vous ne saurez pas le faire six mois plus tard.
Les quatre décisions qui coûtent cher si on les prend tard
Pour finir, les quatre points à trancher avant de signer quoi que ce soit. Chacun se règle en une phrase au début, et devient un problème coûteux ensuite.
- À quel nom est le nom de domaine ? Le vôtre. Toujours.
- Qui paie l’hébergement, et sur quel compte ? Le vôtre, à votre nom.
- Que se passe-t-il quand vous voulez modifier une page ? Vous le faites, ou c’est facturé. Et si c’est facturé, combien.
- Que récupérez-vous à la fin ? Les accès, les fichiers, les identifiants.
Un prestataire sérieux répond aux quatre sans hésiter. Un devis qui reste flou sur les points 1 et 3 n’est pas incomplet par hasard.
Voir les trois formules en détail
Si vous démarrez seul, le comparatif des quatre façons d’exister en ligne est ici : site internet pour auto-entrepreneur.
Les questions qui suivent
Faut-il savoir coder pour avoir un site ?
Quelle est la toute première chose à faire ?
Peut-on modifier son site soi-même après la livraison ?
Un avis sur votre cas précis ?
Dites-moi votre métier et ce que vous avez déjà. Je vous dis ce qui vaut le coup, même si la réponse est « pas maintenant ».
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