Aller au contenu principal

Demander des avis Google sans être lourd

Trois avis ce mois-ci valent mieux que quarante il y a deux ans. Quand demander, quoi dire exactement, quoi répondre à un avis négatif, et ce qui est interdit.

VicouMis à jour le 30 août 20268 min de lecture
Un chevalet posé sur le comptoir d'un commerce, invitant à laisser un avis Google, avec un QR code à scanner

Trois avis ce mois-ci valent mieux que quarante il y a deux ans : c’est la régularité qui compte, pas le total. Et demander un avis met mal à l’aise seulement quand on s’y prend au mauvais moment, avec les mauvais mots. Voilà la méthode, et ce qui est franchement interdit.

Combien d’avis faut-il vraiment ?

Assez pour être crédible, et surtout des avis récents. Une dizaine suffit à rassurer, à condition que les derniers ne datent pas d’il y a deux ans.

Ce que regarde un client, en quelques secondes :

  • La note, mais pas de façon binaire. Un 4,6 avec quarante avis inspire davantage confiance qu’un 5,0 avec trois avis. Une note parfaite paraît suspecte.
  • La date du dernier avis. C’est le signal le plus fort, et le plus négligé. Un commerce dont le dernier avis date de dix-huit mois donne l’impression d’être à l’arrêt.
  • Vos réponses. Un professionnel qui répond, même brièvement, montre qu’il y a quelqu’un.

L’objectif raisonnable pour un commerce : deux à quatre avis par mois, en continu. C’est plus utile qu’une campagne qui en ramène trente d’un coup, et ça paraît plus naturel.

Quand demander un avis, précisément ?

Au moment où le client est content, et pas une heure plus tard. Ce moment existe, il dure quelques minutes, et il est très reconnaissable.

Les bons moments, par métier :

  • Un commerce : juste après l’achat, quand le client repart satisfait.
  • Un restaurant : à l’addition, quand il vous dit que c’était bon.
  • Un artisan : à la fin du chantier, pendant la visite de réception, quand il découvre le résultat.
  • Un thérapeute, un coach : après une séance qui a marqué, pas à la première.

Le point commun : le client vient de vous dire lui-même que c’était bien. Demander à ce moment n’est pas une demande, c’est un prolongement de la conversation.

Les mauvais moments : par e-mail groupé trois semaines après, au téléphone en pleine journée de travail, ou juste après avoir présenté une facture qui a fait tiquer.

Que dire, exactement, sans mettre le client mal à l’aise ?

Une phrase courte, honnête, et surtout qui rend le geste facile. Le vrai frein n’est jamais la bonne volonté : c’est que personne ne sait où cliquer.

Ce qui fonctionne, à dire à voix haute :

« Ça me ferait vraiment plaisir si vous aviez deux minutes pour laisser un avis Google, ça aide beaucoup les petites boîtes comme la mienne. Je vous envoie le lien par message, c’est trois clics. »

Trois choses la rendent efficace : elle est directe (on demande vraiment), elle explique pourquoi (ça aide les petites structures, et les gens le comprennent), et elle annonce que c’est court.

Et ensuite, enlevez tous les obstacles :

  • Envoyez le lien direct vers le formulaire d’avis, par SMS ou par message. Pas « cherchez-nous sur Google ».
  • Un QR code sur le comptoir, sur l’addition ou sur la facture fonctionne très bien.
  • Ne relancez qu’une fois, quelques jours après, et jamais deux.

Ce qu’il ne faut pas faire : dicter le contenu, suggérer une note, ou tendre le téléphone pour regarder par-dessus l’épaule.

Que répondre à un avis négatif ?

Toujours répondre, jamais sur le moment, et pour les autres lecteurs plus que pour l’auteur.

Un avis négatif isolé au milieu d’avis positifs ne fait pas de mal : il rend l’ensemble crédible. Ce qui fait du mal, c’est une réponse agressive, ou pas de réponse du tout.

La structure d’une bonne réponse, en trois lignes :

  1. Remerciez et reconnaissez le ressenti, sans reconnaître une faute que vous n’avez pas commise. « Je suis désolé que votre passage se soit mal passé. »
  2. Donnez un élément factuel, calmement, si c’est utile. « Nous étions en effectif réduit ce samedi-là, ce n’est pas une excuse mais c’est l’explication. »
  3. Proposez de continuer ailleurs. « Appelez-moi au 06…, j’aimerais comprendre ce qui s’est passé. »

Trois réflexes à éviter : répondre à chaud le jour même, contredire point par point, et donner des informations sur le client. Rappelez-vous que vous écrivez devant des centaines de personnes qui liront ça pendant des années.

Et si l’avis est manifestement faux, injurieux, ou vise un autre établissement, vous pouvez le signaler à Google. Ce n’est pas immédiat et ça n’aboutit pas toujours, mais ça vaut le coup pour les cas nets.

Ce qui est interdit, et ce que ça coûte

Ce n’est pas une question de morale, c’est du droit, et c’est sanctionné.

Interdits, sans ambiguïté :

  • Écrire ses propres avis, ou les faire écrire par ses proches et ses salariés.
  • Acheter des avis, y compris auprès de prestataires qui les présentent comme « des vrais avis vérifiés ».
  • Offrir une remise, un cadeau ou un tirage au sort contre un avis. Conditionner un avantage à un avis fausse la sincérité de l’avis.
  • Ne demander qu’aux clients contents, en filtrant les autres. Sélectionner qui a le droit de s’exprimer produit une note qui ne reflète pas la réalité.
  • Publier de faux avis négatifs sur un concurrent. Là s’ajoute le dénigrement.

En droit français, présenter des avis comme émanant de consommateurs alors que ce n’est pas le cas est une pratique commerciale trompeuse (article L121-2 et suivants du code de la consommation). La DGCCRF contrôle ce sujet et les sanctions ne sont pas symboliques : amendes lourdes, et publication de la décision, ce qui coûte souvent plus que l’amende.

Et si je vous livre une boutique, je vous le dis avant que vous le découvriez. Les modèles de boutique arrivent avec des avis d’exemple posés sur les produits, parce que la maquette montre une fiche produit avec sa note et ses retours, et qu’une fiche vide ne ressemble à rien. Ce sont des exemples, ils ne portent pas la mention « achat vérifié », un bandeau vous le rappelle dans l’administration tant qu’il en reste, et un bouton les supprime tous d’un coup. Supprimez-les avant d’ouvrir la boutique. Les laisser en ligne, c’est exactement ce que ce paragraphe vous déconseille de faire.

Et il y a plus simple : ça se voit. Cinq avis de cinq étoiles en trois jours, tous en une ligne, écrits par des comptes sans historique. Vos clients le remarquent aussi.

Ce qui est autorisé, et ça couvre tout ce dont vous avez besoin : demander un avis à tous vos clients, sans distinction, sans contrepartie, en facilitant le geste. C’est exactement ce que décrit cet article.

⚠️ Et pour être clair sur ce que je fais : je ne propose ce service à aucun client, sous aucune forme. Un professionnel qui vous propose de « s’occuper de vos avis » vous propose un risque juridique, pas un service.

Voir les trois formules en détail

Les questions qui suivent

Peut-on offrir quelque chose contre un avis ?
Non. Conditionner une remise, un cadeau ou une participation à un tirage au sort au dépôt d'un avis fausse sa sincérité et vous expose. Vous pouvez remercier chaleureusement, c'est tout. Ce que vous pouvez faire, en revanche, c'est remercier publiquement en répondant à l'avis.
Peut-on faire supprimer un avis injuste ?
Vous pouvez le signaler s'il enfreint les règles : propos injurieux, avis sans rapport avec une expérience réelle, confusion avec un autre établissement. Un avis simplement sévère mais sincère ne sera pas retiré, et c'est normal. Dans ce cas, votre réponse est votre meilleur outil.
Faut-il répondre à tous les avis ?
Aux négatifs, toujours. Aux positifs, à la plupart, avec une phrase courte et personnalisée. Évitez la même formule copiée trente fois : elle donne l'impression d'un automatisme et annule l'effet recherché.

Un avis sur votre cas précis ?

Dites-moi votre métier et ce que vous avez déjà. Je vous dis ce qui vaut le coup, même si la réponse est « pas maintenant ».

Être rappelé

À lire ensuite

Tous les articles